Vendredi 6 juillet 2007

Nouveau depart pour ce blog, depuis Calcutta. Arrivee depuis 3 jours, j ai eu des journees si remplies que je n ai pas pris le temps de donner mes premieres impressions. Je passe sur le sens de l organisation de la compagnie aerienne Emirates, qui ne nous a pas attendus a Dubai, aux Emirats Arabes Unis. Nous avons donc passes 24h aux frais de la princesse (la compagnie), dans un pays ultra luxueux. L'or se vend au kilo, et ne coute rien du tout. les visites touristiques consistent en la visite de centres commerciaux. Nous avons prefere la plage. Mal nous en a pris: vous vous rappeler Tintin dans le desert dans le crabe aux pinces d or? et bien pareil.55 degres, l eau plus chaude que la temperature du corps, et pas une femme sur la plage bien sur. Il ne suffit pas qu il fasse chaud il faut aussi se couvrir dans ce pays! Bilan: je ne viendrais pas ici en vacances, mais je retiens des gens extremement gentils et serviables partout, malgre les differences.

Apres quelques frayeurs a l'arrivee a calcutta, car les bagages sont souvent perdus, et qu ils avaient doute sur les notres. Pardonm a chaque fois je dis nous, parce que nous etions 4 francais embarques dans cette galere a Dubai. Meme age. Pour une fois des gens qui ont de la culture: on a fait un qui veut gagner des millions avec seulement des questions sur disney.

Calcutta donc: mouillee, pluie, flotte, inondation, flooded, humide, tout sauf sec... comment le dire?... nous sommes au point fort de la mousson. rien a voir avec le Cambodge. Hier j ai fait 2 km dans une rue avec de l'eau jusqu'a la taille. tombee dans les trous de la route, avec sac, passeport et portable, et... bref. vive les pochettes plastiques hermetiques. Il faittellement humide que rien ne seche jamais, ni les fringues, ni les cheveux, ni les draps, ni la peau, ni les plaies. (chaussures des premiers jours tellement peu adaptees que...)

Pour ce qui est du pays, que dire? a l'instant ou j'ai pose le pied sur le sol a l'aeroport, j'ai eu le pressentiment que j'allais l'aimer ce pays. Et pour l'instant c'est le cas. Je ne peux m'empecher de comparer avec le Cambodge a chaque instant, mais meme si les conditions de vie sont tres similaires, l'esprit est tres different. Les gens sont differents. Beaucoup moins souriants, il est impoli de sourire a tout le monde et seuls les enfants nous accueillent de leurs dents blanches.

Les enfants d'Ashalayam: enfants des rues de la gare de Howrah a Calcutta, ils se sont drogues avec de la colle, ont ete violes, garcons comme filles. D'ailleurs il y a peu de filles, en partie car elles sont enlevees par des reseaux de prostitution avant qu'on les trouve. Elles ont aussi plus de resistance a l'extreme pauvrete de leur famille et s'enfuient rarement. Des centres les accueillent selon diffrentes formes en fonction de ce qu'ils souhaitent (pour plus d'infos, voir www.ashalayam.org). Les gamins sont attachants, ils veulent jouer, apprendre, on a peine a croire a ce qu'ils ont vecu. Le pouvoir devivre estformidable, la resistance d'un enfant est impressionante.

Pour ce qui concerne le boulot, je suis chargee de deux projets principaux: d'une part, rechercher les anciens enfants d'ashalayam et voir leur situation et poser des questions pour faire des statistiques. Il y en a dans tout le pays. Je vais voyager. D'autre part, je vais aider a preparer les 15 jeunes qui viennent en France en septembre. Bon tout ca commencera quand il pleuvra un peu moins, parce que pour l'instant tout est paralyse.

Rapidement, sur les volontaires: tres jeunes (entre 19 et 22 ans pour la plupart), tres idealistes (du genre "on va aider a sauver le monde chez Mere teresa"), pas forcement tres organises, un peu fetards (mais savent pas ce que c'est les vraies fetes), et tres cosmopolites. La guesthouse, n'est pas terrible mais ambiance sympatique (Paragon Hotel).

Voila, news a suivre...

Par Lisou - Publié dans : actualité
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Dimanche 24 juin 2007

Prochaine étape: Calcutta.

Là exactement, pour être précis: www.ashalayam.org

Par Lisou - Publié dans : actualité
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Dimanche 13 mai 2007
J'ai appris aujourd'hui la mort de Min Narann, professeure au DEF, et ancienne collègue de PP. Je ne comprends pas ce qui peut faire passer quelqu'un du sourire, à l'état de cadavre... Sans savoir encore la cause de sa mort, puisqu'on ne peut parler de raison jamais, il me semble que la mort fauche trop souvent pour ne pas nous donner ce sentiment de danger permanent. En même temps, ce qui choque, ce n'est pas la mort finalement, c'est la mort de ceux qui l'instant d'avant étaient là à vos côtés... Une petite femme souriante, gaie, mère, professeure, trop gentille pour avoir beaucoup d'autorité, trop attentive pour s'attirer les critiques. Pourquoi? Sans raison... Juste le hasard sans doute. Ils croient qu'elle pourra se réincarner dans sa prochaine vie, et une mort prématurée dans celle-ci lui donnera sans doute un meilleur karma. Mais tout de même, un être de moins sur cette Terre. C'est comme un rideau, derrière lequel les gens disparaissent, et s'ils prennent une autre forme, on ne peut plus les voir, on ne doit plus les connaitre dans leur forme nouvelle, mais seulement se souvenir. Pourquoi???
Par Lisou - Publié dans : actualité
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Mercredi 28 février 2007
28 février 2007, home.
 
Voilà, retour en France après six mois de vie cambodgienne.
Je suppose qu’il faudrait y apporter une sorte de conclusion, un happy end constructif. Cela fait deux semaines que je suis rentrée, et j’écris seulement maintenant, parce qu’il m’a fallu un peu de temps pour comprendre que ce n’est la fin de rien du tout, au contraire. Certains disent en rentrant, que c’est une page qui se tourne. Pour moi, la page s’est tournée au départ de ce voyage, et ce qu’il m’a apporté ne sera que des lignes de plus dans le livre entier, qui se poursuit toute la vie, et peut-être même au-delà, qui sait ?
 
S’il fallait dire un mot sur le Cambodge, je crois qu’il faudrait parler du regard différent que l’on est obligé de porter sur la vie et sur le monde après y avoir séjourné. Des mots comme beauté, sourire, corruption, pauvreté, richesse, mort, prostitution, nuage, maladie, prennent un autre sens, une autre intensité, appellent une autre analyse, et surtout, donnent un autre sens à sa propre vie. Aussi égocentrique que cela puisse paraître, en effet, je pense que nous nous construisons par les paysages que nous contemplons, les gens que nous rencontrons, les conseils reçus, autant que par l’amour partagé. Quelqu’un m’a dit que la vie nous écorche toujours, au fur et à mesure du temps qui passe, des épreuves et des joies. Cela voudrait-il dire que plus le temps passe, plus notre énergie s’amenuise, et que lorsqu’il n’y a plus rien à tirer, c’est la mort ? Il est possible au contraire que ces blessures et ces douleurs nous renforcent et nous fassent nous rapprocher de nous-mêmes, et par là même des autres. Un ami s’est évertué à me répéter qu’il ne faut pas gâcher le talent, la chance, et l’amour que nous portons, qu’il faut les comprendre, pour les utiliser et en faire profiter les autres. La vie se construit petit à petit, et il ne s’agit pas de la presser, ni de vouloir entrer dans des modèles. Ça parait banal de le dire, mais nettement moins de l’appliquer. Si certains refusent même de vivre, c’est peut-être qu’ils n’ont pas eu l’envie de concilier leur existence avec ceux qui les entourent, avec les difficultés que cela occasionne forcément. Ils n’ont peut-être pas réussi à concilier toutes leurs vies, toutes les pages du livre. Bizarrement ils ont refusé d’écrire la suite. Peut-être n’y voyait-elle pas la cohérence entre les chapitres ?
 
Que va-t-on chercher à l’autre bout du monde ? D’où vient cette obsession à toujours vouloir voir ce qu’il y a « derrière » ? Voir par soi-même, vérifier ce qu’on lit dans les livres, ce qui est écrit dans les journaux ? Est-ce une fuite ? Pourquoi se sent-on plus chez soi, dans une culture, une nation, une langue, complètement étrangères ? Qu’est-ce qui provoque ce besoin d’expatriation presque maladif, qui nous pousse toujours à voir et à partir ? Peut-être parce qu’au fond, pour les gens qui se sont toujours sentis plus ou moins étrangers, ce n’est qu’un juste rétablissement des choses ?
 
Etrangement, et je parle pour moi, même si c’est une conclusion qui, à mon avis, peut s’appliquer à beaucoup d’entre nous, ce que nous partons chercher à l’autre bout du monde, que nous poursuivons par delà les mers et les océans, pendant toute notre vie, c’est nous-mêmes. C’est donc un long voyage qui a commencé à la naissance, et qui ressemblera à ce que nous voulons en faire, en fin de compte.
 
Merci LA.
 
L
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Samedi 3 février 2007

Depuis mon depart de bali, un certain nombre de choses etonnantes sont arrivees...

De Bali j'ai donc pris un bus de nuit pour Probolinguo sur Java, pour monter a bromo voir les volcans. La arrivee au bord d'une route paumee a 2h du mat, sans autre choix que de faire confiance au gars de l'agence touristique de ce trou paume. donc la une excursion sur les volcans pour le lever de soleil est organisee. super beau, bien que super froid aussi.

En  redescendant des volcans, rencontre de 2 hollandais tres sympas avec qui j'ai passe les 3 jours suivants. on a attendu le bus qui devait nous conduire a yogja, un bus de lixe normalement pour lequel on avait paye une petite fortune a cet enfoire de l'agence de voyage. Quand on est monte dans le bus, on s'est vite apercu qu on s'etait fait rouler: le bus etait un bus public, qui s'arretait tous les 10m, pour prendre des gens, des vendeurs de tout et n'importe quoi, des musiciens,etc. 11h dans ce bus pourri, sans manger et sans arret pipi, avec en plus la tres desagreable sensation du pigeon qui s'est fait avoir.  je pensais qu'il ne pouvait y avoir pire...

arrivee de nuit a yogja, trop tard pour manger ( la ca fait 2 jours que je n'ai rien avale, les forces commencent a flancher). J'ai fait un petit scandale dans le bar pour qu'ils me donnent au moins au sucre. Apres une nuit de repos, petit tour dans yogja, ville qui n'a pas grand chose d'interessant a vrai dire. visite d'une ecole de batik. Puis le lendemain visite de Borobudur, temple Bouddhiste du 8 eme siecle, et Prambanan, temple hindu de la meme periode. le tout avec mes deux hollandais, Remco et Marc. Les temples ressemblent beaucoup a angkor wat.

Puis le soir j'avais pris un billet dans le train de nuit pour jakarta. Depart a 18h30, apres que les gens de mon hotel m'aient raconte sans s'emouvoir, que deux jours plus tot, un train etait tombe dans une vallee, que parfois il y avait des collisions, etc. Bref, je ne savais pas trop a quoi m'attendre, et j'avais raison: un train antique, qui marche avec un moteur a explosion,  des souris, des gens qui fument partout, des travelos chantants, des vendeurs de choses diverses et variees, pas de clim bien sur. aucun numero ou nom sur le train ne correspond a ce qui est ecrit sur mon billet. je crois qu'ils impriment des billets juste pour faire style... Vers 5h du mat ( ca fait deja 3h qu'on aurait du arriver), le train s'arrete: je comprend avec quelques difficultes que jakarta est inondee, et que la voie de chemin de fer s'est ecroulee avec la pluie. Donc, arrets puis redepart toutes les 5 min. je creve d'envie de descendre faire pipi, mais si je sors, c'est sur que le train se barre sans moi. beaucoup de gens descendent du train pour continuer a pied ou fait du stop. J'hesite beaucoup. je pense au fait qu'en france on m'a toujours deconseille de faire du stop parce que c'etait dangereux, alors en indonesie?... Bref je reste finallement. Et comme les ennuis rapprochent toujours les gens, une bonne ambiance se degage du train d'une maniere generale. En tout ca a dure 18h dans ce train infame. Aux abords de jakarta, un paysage de desolation: la pluie a ravage les bidonvilles qui entourent la ville. Partout des meres avec leurs enfants sur les toits de taule, des gens qu'on evacue par tirolienne, des vetements a secher sur les railles de chemin de fer. Tous ces gens n'ont plus rien. Je n'ose pas imaginer ce qu'ils vent devenir.

je passe sur l'hotel infame ou je loge ce soir.Au moins les souris ne montent pas sur le lit.

De mon voyage en indonesie je pourrai dire: j'ai vu!

Par Lisou - Publié dans : actualité
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