16/10/2006
Me voilà revenue d’un week end à Kep (vous allez dire que je passe mon temps là bas). Départ samedi matin en moto avec Auray et Fred. Le plan était de prendre la piste qu’on avait prise la dernière fois, mais finalement, nous avons du nous tromper de route étant donné qu’à un moment nous nous sommes retrouvés face à …rien. Plus de route. Les restes des fondations d’un pont, et de l’autre coté de la rivière pas de route non plus. Devant cet étrange, quoique peu surprenant événement
(j’ai déjà expliqué ici que rien ne vous étonne de toute façon), nous avons continué à travers les rizières, dans des chemins minuscules, au cœur d’une végétation luxuriante, et d’un vert toujours magique.
Je ne sais ce qui rend les couleurs si superbes au Cambodge… Le soleil est-il plus brillant, les plantes plus vertes ? Ou bien la terre cherche-t-elle à rivaliser avec le ciel, inconstant et grandiose dans toutes ses humeurs ? Les photos ne peuvent pas retraduire tout ça. J’emplis mes yeux de beauté chaque jour, et j’ai l’impression, à chaque minute, d’en être plus savante et plus sage. On se sent si petit devant certaines choses que je comprend presque l’espèce de fatalisme qui guide les khmers. En effet, ici, tout ce qui arrive est lié au karma. Si tu as un bon karma, tu as de la chance, si tu as un mauvais karma, tant pis pour toi, personne ne viendra s’apitoyer sur ton sort.
Poursuivons donc le récit du week end : arrivée à Kep en fin d’aprem à La Véranda (guesthouse très sympa face à la mer). Cocktail dans la piscine d’un ami, gérant d’un « hotel » haut standing pour les stars en manque de solitude, et qui nous a accueilli généreusement comme il n’y avait pas de clients. Dîner dans un petit resto au bord de la plage où ils attrapent les poissons et les fruits de mer à quelques mètres, ce qui fait que ça ne coûte rien. Ici crabes, crevettes, raies, poissons divers, calamars, sont des plats communs : repas équivalant à du gavage pour 2 dolls (special recommandation for Kimly Restaurant). Puis dimanche, baignade dans un torrent de montagne (au pied du Bokor) : eau chaude, beaucoup de courant, un soleil de plomb (d’ailleurs je suis rouge tomate depuis), encaissé dans une vallée verdoyante. Un petit coin de paradis qui s’est posé là. Ensuite départ en moto vers Takeo, en
passant par des pistes détournées. Là encore, à faire et à refaire si l’on veut voir des merveilles. Quelques femmes avec leur kramar posé sur la tête, au milieu d’un rizière vert tendre, sur un fond de montagne vert foncé qui monte vers le ciel et ses circonvolutions nuageuses torturées. Indescriptible.
Puis retour un peu rude vers Takmau, avec un embouteillage de folie pour passer le pont. Heureusement que nous avions des motos, sinon nous aurions passé au moins 3 heures à attendre. Là encore, pas d’énervement dans les bouchons : les khmers attendent patiemment, tandis que Fred et Auray s’excitent à passer, coûte que coûte, entre les portières, les camions surchargés de marchandises, avec des dizaines de personnes sur le toît, qui nous saluent de la main quand on passe…
A part ça, la vie poursuit son cours. J’ai parfois honte d’être heureuse quand je pense à certains d’entre-vous qui font face à la vie, dans un entrelacs de problèmes insolubles. Mais je profite de toute la beauté du monde, et des plaisirs de la vie avec avidité. Je « bouffe » tout ce que je peux de bonheur et de beauté. Ça m’aide à grandir, ça m’aide à comprendre, et ça m’aide à vivre. Les choses sont compliquées et en même temps tellement simples, si on essaye de les voir sous un autre angle.
J’aimerais que tu puisse vivre tout ça Maman.
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