28 février 2007, home.
Voilà, retour en France après six mois de vie cambodgienne.
Je suppose qu’il faudrait y apporter une sorte de conclusion, un happy end constructif. Cela fait deux semaines que je suis rentrée, et j’écris seulement maintenant, parce qu’il m’a fallu un peu de temps pour comprendre que ce n’est la fin de rien du tout, au contraire. Certains disent en rentrant, que c’est une page qui se tourne. Pour moi, la page s’est tournée au départ de ce voyage, et ce qu’il m’a apporté ne sera que des lignes de plus dans le livre entier, qui se poursuit toute la vie, et peut-être même au-delà, qui sait ?
S’il fallait dire un mot sur le Cambodge, je crois qu’il faudrait parler du regard différent que l’on est obligé de porter sur la vie et sur le monde après y avoir séjourné. Des mots comme beauté, sourire, corruption, pauvreté, richesse, mort, prostitution, nuage, maladie, prennent un autre sens, une autre intensité, appellent une autre analyse, et surtout, donnent un autre sens à sa propre vie. Aussi égocentrique que cela puisse paraître, en effet, je pense que nous nous construisons par les paysages que nous contemplons, les gens que nous rencontrons, les conseils reçus, autant que par l’amour partagé. Quelqu’un m’a dit que la vie nous écorche toujours, au fur et à mesure du temps qui passe, des épreuves et des joies. Cela voudrait-il dire que plus le temps passe, plus notre énergie s’amenuise, et que lorsqu’il n’y a plus rien à tirer, c’est la mort ? Il est possible au contraire que ces blessures et ces douleurs nous renforcent et nous fassent nous rapprocher de nous-mêmes, et par là même des autres. Un ami s’est évertué à me répéter qu’il ne faut pas gâcher le talent, la chance, et l’amour que nous portons, qu’il faut les comprendre, pour les utiliser et en faire profiter les autres. La vie se construit petit à petit, et il ne s’agit pas de la presser, ni de vouloir entrer dans des modèles. Ça parait banal de le dire, mais nettement moins de l’appliquer. Si certains refusent même de vivre, c’est peut-être qu’ils n’ont pas eu l’envie de concilier leur existence avec ceux qui les entourent, avec les difficultés que cela occasionne forcément. Ils n’ont peut-être pas réussi à concilier toutes leurs vies, toutes les pages du livre. Bizarrement ils ont refusé d’écrire la suite. Peut-être n’y voyait-elle pas la cohérence entre les chapitres ?
Que va-t-on chercher à l’autre bout du monde ? D’où vient cette obsession à toujours vouloir voir ce qu’il y a « derrière » ? Voir par soi-même, vérifier ce qu’on lit dans les livres, ce qui est écrit dans les journaux ? Est-ce une fuite ? Pourquoi se sent-on plus chez soi, dans une culture, une nation, une langue, complètement étrangères ? Qu’est-ce qui provoque ce besoin d’expatriation presque maladif, qui nous pousse toujours à voir et à partir ? Peut-être parce qu’au fond, pour les gens qui se sont toujours sentis plus ou moins étrangers, ce n’est qu’un juste rétablissement des choses ?
Etrangement, et je parle pour moi, même si c’est une conclusion qui, à mon avis, peut s’appliquer à beaucoup d’entre nous, ce que nous partons chercher à l’autre bout du monde, que nous poursuivons par delà les mers et les océans, pendant toute notre vie, c’est nous-mêmes. C’est donc un long voyage qui a commencé à la naissance, et qui ressemblera à ce que nous voulons en faire, en fin de compte.
Merci LA.
L
Bon courage pour le retour. J'admire ton etat d'esprit constructif! On dirait que le Cambodge t'a beaucoup changee... ce qui est aussi un des buts du voyage il me semble.
Bise
Bonjour Lise ; Vos expériences dans ma patrie de Cambodge paraissent très exceptionnelles et me m'intéressant. J'espère retourner travailler dans la justice et redevelopement commercial après le Tribunal de Kh Rouge. S'il vous plaît joindre mon Relié dans le travail net. vous remercie et les égards de genre. -MChan
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(des infos sur le Cambodge sur : http://www.netvibes.com/cambodia)