Voilà...
départ prévu cette semaine ou début de semaine prochaine... Il est étrange comme selon les moments, j'ai l'impression de partir à l'aventure, de faire ce que j'aime vraiment, partir pour mieux revenir, ou bien parfois je ressens comme un trou au creux de l'estomac.
Comme ils sont durs les adieux! Tous me disent au revoir, et chaque fois je ne peux m'empecher de penser: "et si c'était la dernière fois que je les vois?". Certains diront que c'est du pessimisme, moi je crois que j'aime tellement ma vie, ma famille, mes amis, que ce que je redoute le plus c'est de les perdre. Il serait tellement plus facile de rester la dans les bras de Maman, de Grand-Maman, dont les larmes coulaient pour moi tout à l'heure. Grand-Papa, qui est parti si vite après m'avoir dit que je reviendrais grandie dans mon coeur. C'est difficile parfois de dire aux gens qu'on les aime. Papa qui le sait, bien sûr, mais à qui je ne le dis jamais, parce qu'on est pas breton pour rien. Eugénie qui pleurait. Elle n'a jamais aimé dire au revoir! Vous tous qui ne me quittez jamais tellement je vous emporte partout avec moi... Je serai vos yeux au bout du monde...
J'ai tort de m'en faire bien évidemment, car l'été prochain, vous serez toujours là, de toute éternité... mais parfois c'est dur ne ne plus être suffisament petite pour qu'on te dise "non tu ne peux pas faire ça, tu es trop jeune". Il y a 5 ans je n'avais pas le droit d'aller faire du camping avec des copines, et maintenant je pars toute seule au Cambodge. Enfin je ne vais pas m'en plaindre. C'est juste que les responsabilités, c'est dur parfois... On en finit jamais de grandir en fait. Je ne sais pas s'il y un seul jour dans notre vie, où l'on pense être parfaitement responsable de soi même. Après tout, ces choses qui nous paraissent immenses ne sont rien en comparaison de ce qui touche le monde, les peuples, les sociétés. Il me parait égoiste de réagir ainsi, comme si mon petit bonheur était le monde entier. Malgré tout, on dira ce qu'on veut, même si ça aide un peu de penser ça, il n'en reste pas moins que ce qui compose notre vie, ce sont bien ces petites choses formidables et insignifiantes. Il n'y pas assez de mots pour tout évoquer ici bien sûr. Pêle-mêle, la danette au chocolat à cannes avec Papa, la toux de Maman que je reconnaitrais entre mille, les vacances tous les trois, le bateau, les fêtes à la maison, l'interdiction d'aller se baigner après le déjeuner à Cleder, les princesses perdues dans le jardin, Superman et la petite sirène dans les vagues, les codes secrets avec nat et agathe, les patés à St Jean de Luz, les boula brof, youm/boo, le sandwich du mercredi avant la danse, les répet jusqu'à pas d'heure, Entrechats avec Dede, nat , agathe, tangi et stefan, les frites au Mord l'express avec irene et filippo, Papa qui m'encourage pour le petit tout de france, Gaston dans le dortoir à Carhaix, les fous rires avec Maman, toujours mémorables, et puis surtout tellement d'amour partout, tout le temps, même au coeur de la tempête
C'est dur parfois, mais pour tout ça, il vaut toujours le coup d'aller de l'avant n'est-ce pas? Les souvenirs se construisent d'eux mêmes, et le bonheur surgit toujours quand on ne l'attendait pas. On est pas toujours fier de ce qu'on est, mais peu importe, car le plus important c'est d'avoir été, et de continuer à être.
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